Pourquoi est ce si compliqué de collaborer ?

Notre époque est à un tournant. C'est un monde de complexité qui s’offre à nous.

· Complexité dans les enjeux de demain et leurs interactions ; combiner les enjeux de santé, d’éducation, de confort de vie, d’écologie, d’apports énergétiques, de fabrication de richesse etc. est un challenge qui dépasse l’entendement et les facultés d’un individu.

· Complexité dans notre rapport au monde, face à des informations, qui, nous arrivant en flot continu, saturent nos capacités de réflexion et entretiennent un mal être émotionnel délétère.

· Complexité par le niveau d’expertise atteint par la technique dans de nombreux domaines : médecine, communication, transports, biologie, informatique etc. Autant de sujets qui ne permettent plus d’être appréhendés par le ressenti, le perçu, le bon sens.

 

Face à ces constats, une tension forte s’opère dans nombre d’entre nous. Pour la résorber vont naitre deux attitudes.

 

D’un coté ceux qui tentent de s’appuyer sur d’anciens fonctionnements verticaux, avec le mythe du guide éclairé. Une délégation de la responsabilité de l’avenir à un chef , souvent autoritaire, réduisant le monde à des oppositions simpliste : le bien / le mal, l’écologie / l’économie, les gentils / les méchants. Une vision dualiste et facile, qui a l’immense avantage de décharger la tension de nos systèmes nerveux, peu adaptés à traiter la complexité et l’incertitude. Un homme providentiel pouvant toujours ensuite être sacrifié, pour aller vers un autre. Un monde lisible et simple qui parcoure l’histoire en un éternel recommencement.

 

D’un autre coté émergent des tentatives d’organisations horizontales, postulant que seule l’intelligence collective et l’addition des compétences peuvent faire face à la complexité. Or force est de constater que rares sont les tentatives pérennes de ce mode de gouvernance. Elles buttent sur les tensions, les conflits, les besoins de reconnaissances individuelles, les quêtes de pouvoir, les besoin d’actions rapides …

 

J’ai le sentiment profond que ces difficultés sont dues au fait que nous ne sommes pas encore équipés pour ces nouveaux modes d’interactions.

 

Notre éducation à visé l’objectif de faire de nous des personnes soumises à l’autorité, assignées à une tache et fournissant automatiquement, sans remise en question une contribution à un « bien commun » non réellement défini.

Afin de répondre a ces besoins, notre système nerveux a été construit :

· Autour de valeurs de compétition, de classement, de comparaison.

· Dans une logique utilitariste d’objectifs, de résultats, tangibles, quantifiables, rapides.

· Autour d’un rapport à l’autorité qui privilégie l’octroi d’une compétence sur titre et la délégation de la responsabilité de l’action à un chef.

· A partir d’allants de soi sacralisés ou simplement non perçus parce qu'inconscients.

 

 

Ce “formatage” de notre système nerveux est difficilement compatible avec des fonctionnements collaboratifs. Je pense qu’on ne peut s’exonérer de la nécessité d’apprendre à notre système nerveux à faire autrement.

Pour imager cela d’une métaphore informatique : on ne peut faire tourner un nouveau logiciel complexe sous un système d’exploitation obsolète : ça rame, ça bug, ça plante…

 

Je postule donc l’hypothèse qu’un système nerveux enrichi devrait pouvoir nous permettre :

·

  • De comprendre, d’accepter et d’utiliser le fait que c’est notre système émotionnel qui pilote en arrière plan, tous nos processus décisionnels.

  • · De comprendre et d’accepter ses limites cognitives : je ne suis pas équipé pour tout comprendre et tout penser.

  • · De comprendre et d’accepter que « l’autre » est un monde différent de soi. Ses capacités, son expertise, ses limites, ses zones aveugles... sont différentes des miennes.

  • · De développer sa capacité à se relier au monde de l’autre, afin de créer du commun pour établir une communication.

  • · De développer sa capacité à communiquer sereinement en sortant des logiques d’opposition.

  • · De développer sa capacité à créer du nouveau, afin de faire émerger des compétences novatrices et inattendues à partir du commun.

  • · Accepter un rapport au temps plus long et élastique que dans un processus décisionnel vertical.

  • · Et enfin et surtout accepter la frustration que toutes les composantes de mes réflexions, mes croyances, mes valeurs ne puissent vivre dans un projet commun, même si elles ont pu être exprimées, et accueillies par le groupe.

Viser ces compétences demande du travail, de l’apprentissage ; un monde de demain collaboratif agissant sur la complexité du monde ne pourra s’exonérer, selon moi, de ces changements internes de paradigme.

C’est sur ce postulat que je fonde les formations que je propose.

 

Jean Luc SAUGE

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